Sources anciennes de la Maçonnerie primitive.
Les principaux manuscrits.

1370 – Ordonnances des maçons de la Cathédrale d’York

La cathédrale d’York a été détruite par un incendie en 1137. D’où la mise en chantier d’un nouvel édifice. Le chapitre de la cathédrale conclut en 1370 un contrat avec les tailleurs de pierre et les maçons y participant.
C’est l’époque du règne d’Édouard III qui a décrété que le français ne sera plus la langue du royaume, et qu’il était le souverain naturel du royaume de France (—> guerre de 100 ans).
Le texte opératif règle le métier sur le cycle solaire journalier et saisonnier.
Ainsi les ouvriers s’engagent à travailler toute la journée, jusqu’au coucher du soleil, avec une interruption à midi pour le repas pris dans la « Loge »…
Toute embauche doit faire l’objet d’un serment de fidélité sur le Livre …

Les Anciens devoirs (Old Charges)
Ce sont des manuscrits médiévaux qui évoquent l’histoire légendaire de la création du métier opératif, less ept arts libéraux ainsi que les devoirs éthiques et réglementaires de ces maçons.
– LeRégius,
– le manuscrit Cooket 130 autres versions connues.
Pour la plupart d’origine anglaise.

1390 – Le Régius
Le plus ancien texte connu de la Maçonnerie opérative anglaise.
Ce poème de 600 vers décrit la légende du métier opératif, les responsabilité et obligations des Maçons (15 articles et 15 points), ainsi que leurs Devoirs Moraux.
Il est d’inspiration catholique par ses références à l’Eglise et à Marie.
Il représente le document de référence des constitutions des maçons spéculatifs.

1410 – Le manuscrit Cook
Le 2ème plus ancien texte connu de la Maçonnerie opérative anglaise.
Rédigé en prose, sa forme est identique au RÉGIUS. Sur le fond il amplifie certaines règles, réduit le nombre de Devoirs et de points, insère de nouveaux éléments.
De nombreuses versions ultérieures des « Anciens devoirs » seront tirées de ce manuscrit.

1459 – Constitutions de Strasbourg
Ce sont les premières constitutions des francs-maçons opératifs allemands, codifiant ce qui était transmis par tradition, et reconnaissant la primauté de la Loge (chantier) de Strasbourg.
Pierre Mollier nous donne une information intéressante en mentionnant les « Torgauer oder rochlitzer Steinmetzordnung von 1462 » – texte dans lequel on peut lire :
« Voici un salut que chaque compagnon doit effectuer, quand il entre pour la première fois dans la Loge. Il dira : « Que Dieu vous salue, que Dieu vous inspire, que Dieu vous récompense ».

1498 – Les Statuts de Ratisbonne
C’est un Essai d’unifier les statuts des Loges de l’Empire, à Ratisbonne en 1458
Statuts sont développés en 47 points, suivis de règlements spécifiques pour apprentis et compagnons. Ils sont véritablement opératifs et ne laissent pas de place à la dimension symbolique ou initiatique.
Ils régissent dans le détail, l’organisation et la vie des Loges désormais placées sous les auspices de quatre Loges majeures : Strasbourg, Cologne, Vienne et Berne.
Les statuts décrivent l’organisation harmonieuse entre gens de métier ; ils déclinent la pratique du métier et les rapports entre Maîtres, Compagnons et Apprentis, ainsi que la vie de la Loge.
Les Statuts sont approuvés par l’empereur Maximilien en 1498.

1598-1599 : les statuts Schaw
Ou la sédentarisation des Loges.
2 Documents écrits par William Schaw, Maître des Travaux du roi Jacques VI d’Écosse.
Ils édictent les règles et structures les corporations de maçons des loges opératives en Écosse (distincts des guildes de métier).
A l’inverse des « Old charges » qui ne font état d’aucune autorité sur les loges opératives, ces statuts mettent en œuvre une structuration géographique précise. Les loges ne sont plus temporaires mais permanentes. Elles tiennent des registres et ont une identité précise, telles Mary’s Chapel (Edimbourg) ou Kilwinning.
Leur réglementation  hiérarchique évoque les « apprentis-entrés » et les « compagnon »

1601 – Chartes Saint-Clair (de Roslin)
Un témoignage important sur l’organisation des maçons enÉcosse.
Il s’agit de 2 lettres de requête (1601 et 1628) où les maçons des Loges d’Écosse reconnaissent officiellement William Saint-Clair, comte de Roslin, comme étant leur « patron et protecteur ».
La signature de William Schaw y est apposée
Ces lettres furent magnifiées lors de la fondation de la Grande Loge d’Écosse en 1736, pour suggérer que l’Écosse reconnaissait de longue date l’autorité d’un grand maître.
Notons que les Saint-Clair sont les bâtisseurs de la chapelle de Rosslyn, laquelle témoignerait  du lien entre Templiers et francs-maçons écossais ()légende ou mythe ?).

1607 – Manuscrit Inigo Jones
Le Manuscrit  est structuré à l’image des Livres des Devoirs du siècle précédent, avec une présentation des Sciences libérales, une histoire du Métier, et une longue liste d’obligations.

Le système de rituels à 2 grades est formellement établi dans divers manuscrits :
– le manuscrit des Archives d’Edimbourg
– le manuscrit Chetwode Crowley
– le manuscrit Kevan
– le manuscrit Sloane précise les attouchements et signes, ainsi que le serment.

1696 – Le Manuscrit des Archives d’Edimbourg
C’est la période de transition de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative.
Trois textes très voisins les uns des autres nous sont parvenus : : le Manuscrit des Archives d’Edimbourg, le Manuscrit Chetwode Crowley et le manuscrit Kevan.
Le manuscrit des Archives d’Edimbourg représente le plus ancien rituel maçonnique d’instruction d’origine écossaise.
Il est découvert en 1930 dans l’ancienne maison des archives d’Edimbourg, puis divulgué en 1932 par la Loge de recherche Quatuor Coronati.
On peut dire que ce texte est véritablement le premier rituel complet à nous être parvenu en entier.
Est-il l’expression maçonnique d’une pratique purement écossaise ( au sens géographique), ou alors est-il le reflet d’une pratique opérative des maçons européens ? On trouve en effet dans  le rituel  un passage qui rappelle le texte allemand cité plus haut (Strasbourg 1462):
« Quand il rentre dans la Compagnie, il doit d’abord faire un salut ridicule, puis le signe et dire: « Dieu bénisse l’honorable compagnie ». Le maçon doit avancer, et il dit au maçon le plus ancien , en murmurant: « les dignes maîtres, et l ‘honorable compagnie, vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien ».    * *Pierre  Mollier : Le Régulateur du Maçon, page 28.

1700 – Le manuscrit Sloane
Premier document fondateur d’origine anglaise, évoquant clairement une franc-maçonnerie en trois grades clairement différenciés, dont les secret diffèrent.
Deux parties :
– la première révèle les signes par lesquels les maçons se reconnaissent entre eux,
– la seconde est un catéchisme (instruction) par question-réponse débouchant sur un serment à prêter.
Ce manuscrit évoque le « Mot de maçon », ainsi que le concept de « loge parfaite » (2 apprentis, 2 compagnons et 2 maîtres).

1700 – Manuscrit Chetwode Crowley
Très voisin du Manuscrit des Archives d’Edimbourg, il est d’origine irlandaise.
Un des plus vieux rituels complets connus.

1710 – Manuscrit Dumfries N°4
Découvert en 1891 dans les archives de la loge Dumfries Kilwinning n » 53, à Dumfries, en Écosse.
Le texte de 15 feuillets est à rapprocher de document bien plus anciens, tels le Regius et le Cooke. Il comprend :
– une version des Old Charges = Anciens Devoirs,
– un catéchisme Maçonnique par questions – réponses,
– un commentaire mystique à propos du Temple de Jérusalem. Il mentionne à plusieurs reprises Hiram.
Il s’adresse à une pratique maçonnique demeurée opérative.
Il s’inscrit dans un cadre s religieux catholique.

1711 – Manuscrit de Trinity College (de Dublin)
Il est donc irlandais et constitue un résumé du Manuscrit Dumfries, lui même très proche des Anciens Devoirs.
Présenté sous la forme d’un catéchisme de questions-réponses, il possède la particularité de révéler les signes et les Mots de… trois degrés maçonniques.
Ainsi une Loge juste et parfaite est-elle constituée de 3 Maîtres, 3 Compagnons du Métier et 3 Apprentis entrés.

1714 – Manuscrit Kevan
Très voisin du Manuscrit des Archives d’Edimbourg et du Manuscrit Chetwode Crowley.
Son intérêt est d’être l’un des derniers Anciens Devoirs maçonniques recensés.

1723 – Constitutions d’Anderson
(accès aux documents sur le site « anciensdevoirs .com » – voir en fin de page)
Elles sont rédigées à l’initiative du Grand Maître de la Grande Loge de Londres et de Westminster, John Montagu.
La première version est écrite par le révérend James Anderson (pasteur presbytérien), en collaboration avec Jean Théophile Désaguliers (pasteur protestant huguenot).
Elles visent à organiser et réguler les pratiques divergentes au sein de la grande loge, et se déclinent en 4 parties :
– la 1ère retrace l’histoire mythique liant la franc-maçonnerie au Roi Salomon de l’Ancien Testament.
– la 2ème structure la franc-maçonnerie moderne, traitant des devoirs et obligation du franc-maçon.
– la 3ème décrit un règlement général de l’obédience.
– la 4ème propose des chants allégoriques en vers sur l’histoire légendaire de l’ordre.

1726 – Manuscrit Graham
Découvert à York en 1936, le texte représente une source de la légende d’Hiram. D’origine anglaise, il est considéré comme l’ancêtre des rituels maçonniques spéculatifs.
Il développe un catéchisme (instruction) en 38 questions-réponses.
Certaines questions-réponses se retrouvent dans d’autres textes de la même époque, témoignant d’un courant d’instructions maçonniques diffusées en Angleterre à cette époque.
Le manuscrit présente un rite en trois degrés ; il est le premier à évoquer le grade de Maître :
– en faisant référence à Sem, Cham et Japhet se rendant sur la tombe de leur père Noé …
– en décrivant un « relèvement en cinq points » par ses trois fils, qui tentent de recueillir son secret.
Le tout dans une narration de trois récits mythiques … dont la superposition donne quasiment le récit de la légende d’Hiram (tel qu’il apparaitra en 1730 dans la divulgation La maçonnerie disséquée de Samuel Prichard).
À noter la tonalité chrétienne des explications symboliques proposées.

1727 – Manuscrit Wilkinson
Le Frère Wilkinson a trouvé ce document en 1946 dans des papiers appartenant à sa famille. Il dévoile une instruction sous forme de catéchisme, s’adressant uniquement à l’Apprenti.
La plupart des répliques du Wilkinson ont leur semblable dans le grade d’Apprenti des divulgations de Prichard (La Maçonnerie disséquée) publiées 3 ans plus tard (1730).
Ces deux documents reflètent une activité maçonnique qui s’est déroulée en Angleterre entre 1724 et 1730 ; ils nous renseignent sur la maçonnerie des Moderns au 18ème s..

1727 – Manuscrit Dundee
(Version anglaise)
… … … … … … … … … … … … 

1730 – La maçonnerie disséquée (ou « expliquée en détail ») – Samuel Prichard
La première divulgation qui révèle par le menu tous les symboles, les rites et les secrets des trois premiers grades de la franc-maçonnerie (apprenti, compagnon, maître) auRite des Modernes.
Son originalité est aussi de proposer la première version cohérente de la légende d’Hiramqui devait désormais constituer le cœur de ce grade
Les divulgations Wilkinson et Prichard font apparaitre clairement ce 3ème grade de Maître maçon en Angleterre au début du 18ème s. chez les Moderns.

1736 – Discours de Ramsay
Andrew Michael, Chevalier de Ramsay.
L’époque est celle de l’ordre maçonnique naissant en France.
Le texte est considéré comme fondateur de la franc-maçonnerie française :
– Il évoque un programme intellectuel et humaniste pour la franc-maçonnerie,
– et une mythologie initiatique faisant de la franc-maçonnerie l’héritière des ordres chevaleresques de l’époque des croisades, qui aura une forte influence sur le développement des hauts grades maçonniques.
Elle éloigne la franc-maçonnerie française de la mythologie des seuls bâtisseurs proposée par les Constitutions d’Anderson et la franc-maçonnerie anglaise.

1756 – Ahiman Rezon – Laurence Dermott
Une franc-maçonnerie irlandaise s’établit à Londres : en opposition à la Grande Loge d’Angleterre, 70 Loges irlandaises font dissidence.
Laurence Dermott établit une constitution pour les « Anciens »Ahiman Rezon–  équivalent des constitutions d’Anderson pour les « Modernes ».
Le document apporte une interprétation différentes de la franc-maçonnerie :
– en se dotant d’un fonctionnement plus démocratique,
– en garantissant la liberté d’expression en loge,
– en introduisant des éléments tenant du christianisme et du judaïsme,
– en développant la charité.
Par son ton polémique, il ridiculise les « Modernes »
C’est le premier dévoilement du Rite des « Anciens ».

1761 – Manuscrit Theodore Jean Tarade (ou Le cahier de Loge du Vénérable TARADE)
Ce manuscrit retrace 15 ans de la vie de la loge parisienne Saint Théodore de la SincéritéOn y découvre un tableau complet des rituels et des grades pratiqués, des tableaux de Loge etc.
On se replonge dans l’ambiance du 18ème s. pré-révolutionnaire, à une période où les différentes obédiences se mettent en place.

1782 – Wilhelmsbad – Jean-Baptiste Willermoz
Le « Rite Écossais Rectifié » est officiellement sanctionné, sur le plan national par le Convent des Gaules, à Lyon (1778), puis sur le plan international par le Convent de Wilhelmsbad en Allemagne (1782).
Jean-Baptiste Willermoz en est l’artisan.
Le Convent de Wilhelmsbad eut l’immense mérite de confirmer l’autorité de Jean-Baptiste Willermoz, de fixer définitivement les principes de la  « Rectification » en écartant les aspirations de la Stricte Observance, afin de réédifier l’Ordre du Temple,  et de constituer en Europe un nouveau système maçonnique, le Régime Écossais Rectifié.
(voir l’historique du rite – en construction)

1786 – Les Grandes Constitutions – Frédéric II de Prusse
À la base du « Rite Écossais Ancien et Accepté ».
(voir l’historique du rite – en construction)

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Une source d’informations utile : « Les Anciens Devoirs Des Francs-Maçons »
A LIRE SANS MODÉRATION, de la page 1 à la page 33
(Ex page 17  –> Le Manuscrit INIGO JONES (1607) ….)

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