Le fondateur de la « maison » se nomme à l’origine Walter Fitzalan ; il est nommé grand sénéchal (steward) du roi d’Ecosse  en 1150. Cette charge devient héréditaire, et la famille prend progressivement le nom de « Stewart », francisé en « Stuart ».
Le premier Stuart à monter sur le trône d’Écosse est Robert II Stuart (1371).
Les Stuart régneront sur ce pays pendant près de 3 siècles et demi (1714).

Dans le royaume voisin d’Angleterre, Élisabeth 1er, la reine « vierge », meurt (1603) sans descendance ; la dynastie des Tudor s’éteint. La dynastie a fourni au 16ème s. cinq monarques au royaume, dont Henri VIII  et Élisabeth Ire.
Durant cette période, les graves troubles religieux secouant l’Europe furent à l’origine de la réforme anglicane.
L’Angleterre moyenâgeuse s’est mutée en un puissant État de la Renaissance européenne. Sa puissance maritime s’est affirmée (défaite de l’Invincible Armada espagnole), débutant son expansion coloniale.
Les 44 années de règne d’Élisabeth 1er ont apporté une stabilité au royaume et aidé à forger une identité nationale.
À sa mort donc, les yeux des anglais se tournent vers la dynastie régnante d’Écosse, en la personne de son neveu Jacques VI roi d’Ecosse (depuis 1567), qui monte ainsi sur le trône du royaume « d’Angleterre et d’Irlande » sous le nom de Jacques 1er.
Pendant plus d’un siècle (1603 à 1714), la monarchie des Stuart sera mise à mal par le Parlement : c’est le siècle des révolutions politiques.
– Deux rois sont déposés par les Membres du Parlement.
– Une tentative de République échoue.

Jacques 1er d’Angleterre (Jacques VI d’Écosse) – 1603 à 1625
Fils de Marie Stuart reine d’Écosse.
Le destin tragique de Marie 1er d’Écosse
Fille du roi Jacques V d’Ecosse, elle devient reine d’Ecosse quelques jours après sa naissance. Elle épouse le roi de France François II, lequel meurt prématurément (1560) ; elle ne règne qu’une année. De retour en Écosse, la reine catholique dans un pays devenu protestant est traitée avec défiance. Impliquée dans le meurtre de son second époux, elle est emprisonnée et abdique au profit de son fils Jacques VI, alors âgé d’un an. Elle cherche l’appui de sa cousine Élisabeth Ire  qui la perçoit comme une menace, car Marie est considérée comme l’héritière légitime du trône d’Angleterre par les catholiques. Elle est emprisonnée durant 18 ans, avant d’être exécutée.
Le roi Jacques 1er gouverne seul avec ses conseillers, considérant que « le roi tient son pouvoir de Dieu en personne », sans avoir à se justifier devant un parlement. Mais la contestation se fait jour avec Sir Edward Coke, le premier à affirmer que le roi n’est pas au-dessus des lois, et que seul le parlement peut promulguer des lois.

Charles 1er – 1625 à 1649
Fils de Jacques 1er
Après des années de conflits avec le Parlement, Charles 1er a besoin d’argent ; il est contraint de composer : il obtient une levée d’impôts, contre certains droits « fondamentaux » accordés au Parlement (ce dernier contrôlera intégralement le budget national et émettra les lois et non plus la couronne).
Une Guerre civile secoue l’Angleterre durant 4 ans (1642-45), entre partisans du roi (catholiques) et partisans du Parlement (riches marchands et classe dirigeante protestante). La défaite des armées royalistes à court d’argent conduit à la destitution de Charles 1er (1645) puis à son exécution (1649). 

Les échecs de la République anglaise – 1649-1660
Olivier Cromwell (ne pas confondre avec Thomas Cromwell, principal ministre d’Henri VIII), puissant chef de l’armée parlementaire prend le pouvoir et devient Lord Protecteur de la nouvelle République. Il gouverne le pays avec autant d’autorité, sans tenir compte du Parlement et de l’Eglise anglicane. À sa mort, le peuple fatigué préfère revenir à la monarchie.

Charles II – 1660 à 1685     puis      Jacques II – 1685 à 1688  (Jacques VII d’Écosse)
Tous deux fils de Charles 1er
Eux aussi fervents adeptes de l’absolutisme du monarque, ils souhaitent de plus faire revenir le catholicisme en Angleterre. La réponse du Parlement ne se fait pas attendre :
– Une loi interdit à un catholique de prendre une fonction publique.
– Le Parlement se scinde en deux partis : les Tories, conservateurs (royaliste, catholiques, l’aristocratie foncière), et les Whigs, libéraux (opposés à une monarchie absolue, pour la liberté religieuse, pour un pouvoir parlementaire, les marchands et les industriels). En 1685, Jacques II a tout le Parlement contre lui (même les Tories).

Guillaume III – 1689 à 1702  et  Marie II – 1689 à 1694
La volonté du parlement est la plus forte : en 1688, le parlement invite Guillaume d’Orange – Nassau, dirigeant protestant des Pays-bas, à envahir l’Angleterre = « The Glorius Revolution » . Il prend le pouvoir sous le nom de Guillaume III d’Angleterre, légitimé par choix du Parlement et non par héritage. L’on peut affirmer que Jacques II a été chassé de son royaume par son propre peuple sous le motif que « le contrat entre le roi et le peuple a été rompu ». Ainsi l’idée s’affirme que le dirigeant doit avoir le consentement des individus pour agir.
Le parlement a maintenant plus de pouvoir que le roi. Cette « heureuse et glorieuse révolution », sans effusion de sang, mit fin aux dissensions religieuses et entraîna l’instauration en Angleterre d’une monarchie parlementaire. Sur le trône prirent ainsi place deux protestants, Marie (anglicane, la propre fille du roi exilé), et son époux Guillaume d’Orange – stathouder (gouverneur) des Provinces-Unies (Pays-Bas). Ils régnèrent conjointement jusqu’à la mort de Marie. Les histoires populaires anglaises parlent du règne de William and Mary.

Anne 1er – Reine de Grande Bretagne – 1702 à 1714
Seconde fille de Jacques II à monter sur le trône d’Angleterre.
En 1707, les royaumes d’Angleterre et d’Écosse, longtemps indépendants, s’unissent pour former le « royaume Uni de Grande-Bretagne », dont la première reine sera « Anne de Grande-Bretagne »
Malgré 17 grossesses, aucun des enfants d’Anne n’atteint l’âge adulte ; elle sera la dernière souveraine de la Maison Stuart.
Après sa mort sans descendance en 1714, le trône passe à son cousin germain, l’électeur protestant de la maison de Hanovre, Georges 1er, en vertu de « l’Acte d’Établissement » (1701) qui écarte du trône près de cinquante prétendants en raison de leur appartenance à l’Eglise catholiques.

Fin de la dynastie…
Sous les Stuart, le royaume d’Angleterre – puissance de 2ème rang –  devient une grande puissance européenne à l’aube du XVIII° siècle … grâce aux victoires militaires contre l’Espagne et la France de Louis XIV, à son rayonnement maritime, à l’expansion économique coloniale et à l’agrandissement du royaume avec l’Ecosse. Les anglais prennent confiance en eux.

Ainsi donc un roi, Jacques II, est déposé par le Parlement après 3 ans de règne. Sa fuite nous intéresse, nous Maçons français !
En France, Jacques II fut accueilli par son cousin le roi Louis XVI dans la résidence royale du château de Saint-Germain-en-Laye ; il fut autorisé à y habiter avec son épouse et des partisans catholiques. Quelque quarante mille jacobites, fidèles au roi déchu, émigrèrent en France à cette époque, irlandais surtout, anglais pour un tiers, et écossais – très peu. On y retrouve 40% de familles aristocratiques, et un grand nombre d’officiers de l’armée du roi. Ils ont constitué la cour jacobite de Saint-Germain-en-Laye. C’est dans cet entourage que se seraient développées les prémices de la maçonnerie française. La première loge maçonnique apparue en France aurait été fondée en 1688, au sein du régiment « Royal Irlandais » arrivé en France avec de l’exil de Jacques II Stuart, sous le nom de « La Parfaite Égalité » de Saint-Germain-en-Laye.
Ainsi les premiers Grands Maîtres de la Franc-maçonnerie française sont des exilés britanniques résidant en France, probablement comme la majorité des frères composant les Loges.
C’est autour de 1725 que sont « attestées » les premières loges (Paris). Elles s’implantent dans l’ambiance libérale et anglophile apparue sous la Régence et ne touchent d’abord que la haute aristocratie.

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