Les Compagnons du trimard – Aperçu de leurs traditions

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Un arrière fond musical vous plaira-t-il ?     
Compagnon du devoir – Barbara Deschamps

 

Propos d’Agricole Perdiguier( 1805-1875) recueillis par l’Orateur, et enrichis par lui-même !
Initié à la franc-maçonnerie le 17 mars 1846, dans la loge parisienne « Les hospitaliers de la Palestine » du Suprême Conseil de France (REAA).
Il a tellement œuvré pour les compagnons opératifs, que cette brève évocation de leurs coutumes ne peut que donner une idée bien superficielle de la réalité de ce mouvement ouvrier de tradition.

Les Compagnons du trimard*…. aperçu de leur tradition….

1ersurveillant : Tope,
2èmesurveillant : Tope,
1ersurveillant : Quelle vocation ?
2èmesurveillant : Charpentiers.
1ersurveillant : Compagnon ! Dans l’âme et dans les bras et vous le pays ?
2èmesurveillant : Tailleurs de pierre
1ersurveillant : Compagnons ?
2èmesurveillant : On s’en fait honneur !

Ces deux compagnons qui se sont rencontrés par hasard sur une route du trimard, ont échangé ce court dialogue à une vingtaine de pas l’un de l’autre. Ils se sont  « topés ». Après ils se demandent quel est leur devoir. S’ils sont du même, c’est une fête ; dans le cas contraire, ce sont d’abord des injures, puis des coups.
Mais, je me rends compte que je ne me suis pas présenté.
Mon nom, sur leur tour de France, est : « Avignonnais la vertu ». Avignonnais, parce que c’est dans un petit bourg à quelques kilomètres d’Avignon que je suis né, le 3 décembre 1805. Mon père était menuisier, j’ai embrassé le métier de mon père et j’ai fait mon tour de France. J’ai été reçu compagnon du Devoir de Liberté sous ce nom d’Avignonnais à la Vertu. Malgré mon travail j’ai pris le temps le soir de lire, d’apprendre. Si bien, quand 1834, je publie mon premier livre sous le titre : « le livre du compagnonnage » je l’ai signé de mon nom profane ; Agricol  Perdiguier.
Je vais essayer de vous compter ce soir quels sont les composantes du compagnonnage que j’ai connu, et comment est il est organisé.

Le compagnonnage reconnaît trois fondateurs principaux.

Ils forment des devoirs qui se divisent eux-mêmes en grand nombre de sociétés.
Les tailleurs de pierre, compagnons étrangers, dit les loups, les menuisiers et les serruriers du devoir de liberté, dit les gavots, reconnaissent Salomon.Les tailleurs de pierre, compagnons passant, dit les loups-garous, les menuisiers serruriers du devoir, sont des Dévoirants, et ils reconnaissent Maître Jacques.
Les charpentiers, compagnons passant, ou bon-drilles se reconnaissent dans le père Soubise.
Tous trois revendiquent une même origine, à savoir la construction du temple de Salomon. Salomon, bien sûr, est le plus connu par tout le monde, et bien évidemment dans cette assemblée. Vous avez suffisamment l’occasion de l’évoquer dans vos grades et l’ordre, pour que je ne m’attarde pas sujet.

Je préfère passer un peu plus de temps sur la figure de Maitre Jacques et sur celle du père Soubise.
Maitre Jacques est un personnage peu connu ; chaque société honore une légende sur son compte, plus ou moins invraisemblable; il en est une pourtant qui revient assez souvent chez les compagnons du devoir. Curieusement, Maitre Jacques un des premiers maitres de Salomon et collègue d’Hiram naquit en Gaule dans la localité de St-Romili, aujourd’hui impossible à identifier, on prétend qu’elle était située dans le midi de la France. Un détail de la légende va vous faire dresser l’oreille, on dit qu’il était fils d’un célèbre architecte, dont le nom était Jacquin. Après avoir appris à tailler la pierre, il voyagea pour parfaire son métier notamment en Grèce, où il apprit les beaux-arts et se lia au philosophe. Il devint  bientôt célèbre dans ces deux domaines. Ayant appris que Salomon construisait un temple, il se rendit à Jérusalem comme simple ouvrier, mais sa grande qualité fut remarquée par  Hiram qui lui demanda de construire les deux colonnes, ce qu’il fit avec tant d’art, qu’il fut reçu maître.
Lors de ce chantier il côtoya Maitre Soubise, et une fois le chantier terminé, comblés de bienfaits, ils revinrent tous deux en Gaule. Ils se jurèrent de ne jamais se séparer ; mais, Maitre Soubise, dont le caractère était violent, devint jaloux de Maitre Jacques il se sépara de lui, et choisi d’autres disciples.
Maitre Jacques débarqua à Marseille et Maitre Soubise à Bordeaux. Maitre Jacques entouré de 13 compagnons et de 40 disciples voyagea pendant trois ans. Un jour, s’étant éloigné de ses disciples, il fut assailli par des disciples de Maitre Soubise, sauvé par ses fidèles il se retira à la Sainte -Baume. Un de ses disciples, nommé Jéron, le trahit et le livra aux disciples de Me Soubise. Un matin, avant le lever du soleil, Maitre Jacques était seul en prière, le traître y va avec ses acolytes, et  lui donne, comme de coutume, le baiser de paix. Ce  fut le signal de la mort, cinq scélérats tombèrent sur lui et l’assassinent de cinq coups de poignard.
Dans ses dernières paroles à ses disciples, Maître Jacques pardonne à ses assassins et leur dit :
V:.M:.
«Je veux que le dernier baiser que je vous donne vous le donniez toujours aux compagnons que vous ferez, ils ne transmettront de même à ce qu’ils feront. »

Après son d’embaumement, et son enterrement dans une caverne de la Sainte-Baume dite grotte de Sainte Madeleine, les disciples se partagèrent ses habillements :
– son chapeau aux chapeliers
– ces sandales aux serruriers
– son manteau aux menuisiers
– sa ceinture aux charpentiers, et son bourdon au charron.

Le sort de Maitre Jacques et son histoire sont évoqués dans le serment que prononce un aspirant pour être reçu :
1ersurveillant *
« Je jure par le Dieu que j’adore, par l’âme qui m’anime, par le sang qui circule dans mes veines, par ce cœur qui bat en moi, de garder avec constance, persévérance, fermeté, le secret qui va m’être confié, d’aimer mon prochain comme moi-même, de punir le traître, et de soutenir le devoir jusqu’à la dernière goutte de mon sang. »

Les enfants de Salomon:
Les Enfants de Salomon se composent des tailleurs de pierre, appelés compagnons étrangers ou loups ; des menuisiers et des serruriers du Devoir de Liberté, dits gavots ; des charpentiers, dits renards de liberté ou indiens. S’y sont adjoints les boulangers en 1811, les tonneliers dits les petits brocs en 1830 et les cordonniers en 1845, également les couvreurs.

Les enfants de Maître Jacques :
Les Enfants de maître Jacques ne comprenaient, au début, que les tailleurs de pierre « compagnons-passants dits les loups-garous », et les menuisiers et serruriers du Devoir dits les dévoirants (par contraction « dévorants ») ou chiens.
Se joignent à ses métiers primitifs un nombre élevé d’autres métiers, ayant un rapport plus lointain avec la construction des grands édifices civils et religieux, comme :
les chaudronniers, les fondeurs (1601), les épingliers (1603), les ferblantiers et couteliers (1703), les bourreliers et charrons (1706), les selliers, poêliers  (1702), les cloutiers (1758), les vanniers (1409), les chapeliers (1410), les cordiers (1407),

Les enfants de Soubise :
Les Enfants du père Soubise se composaient à l’origine d’un seul corps d’état, les charpentiers compagnons passants ou drilles ; les couvreurs et les plâtriers s’y sont adjoints ensuite, à partir de 1703. Par la suite les enfants du père Soubise ont également été dits enfants de Salomon, les charpentiers portent encore les surnoms d’Indiens (pour les compagnons charpentiers du Devoir de Liberté) ou de Bons Drilles.

On peut se demander d’où proviennent ces noms et ces scissions ?
Les Gavots, menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté sont issus de la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 qui entraîne une grande séparation dans le compagnonnage en France. Beaucoup de ses membres sont adeptes de la religion réformée et doivent s’expatrier pour fuir les persécutions. Les querelles et les injures enveniment les relations entre les ouvriers catholiques, « sociétaires du Saint-Devoir de Dieu » et les compagnons qui ne sont pas de ce Saint-Devoir, et qui sont par le fait, membres d’une société qui attache moins d’importance à la religion et, où, protestants et athées peuvent s’affilier plus ou moins discrètement.
Parmi les compagnons adeptes de la Réforme donc, certains partent se cacher dans les montagnes des Alpes du Sud où se pratique un dialecte provençal, le « gavot » qui est parlé de Forcalquier à Castellane et de Sisteron à Allos alors que plus au nord, dans le berceau du protestantisme régional, les habitants de Gap se nomment aussi « gavots ».

Je vais maintenant vous parler de nos us et coutumes et des faits et personnes qui peuplent l’univers du compagnonnage.

La Mère
Le mot « mère » fait à la fois penser à la maîtresse de maison et à la maison elle-même. Tous les membres de la société sont solidaires les uns des coûts autres envers la mère. La mère peut très bien être un homme, si l’aubergiste n’est pas marié

Le Rouleur
Le rouleur dans toutes les sociétés, chaque compagnon, à tour de rôle, consacre une semaine à embaucher et à lever les « acquits » ; de plus, il convoque les assemblées il accueille les arrivants, il accompagne les partants en portant sur son épaule lors canne et leurs paquets jusqu’au lieu de séparation.

Assemblée mensuelle.
Dans toutes les sociétés, il y a, le premier dimanche de chaque mois le une assemblée générale, que le rouleur à convoquer dès la veille. Au cours de cette  réunion, chaque membre verse une somme égale pour couvrir les frais communs. Outre les assemblées mensuelles il peut y avoir d’autres assemblées, par exemple, à l’occasion du départ d’un frère.

Embauchage.
Dans la société des compagnons du devoir de liberté, le rouleur conduit, soit un compagnon soit un affilié chez le maître, et lui dit :
1ersurveillant :
« Voici un ouvrier que je viens vous embaucher. »
Le maître met cinq francs dans la main du rouleur, qui, se tournant vers l’ouvrier, lui dit :
V:.M:.
« Voilà ce que le maître vous avance ; j’espère que vous le gagnerez ».
Le maître doit ignorer si l’ouvrier est simple affilié ou compagnon.
Dans la société des compagnons du devoir, le rouleur mène également ces hommes chez les maîtres, qui avance cinq francs si c’est un compagnon, trois francs si c’est un aspirant. La journée d’un aspirant et payé cinq sous de moins que celle d’un compagnon.  
Ce n’est que dans l’embauchage que le rouleur reçoit une sorte de dédommagement, (1 franc) toutes ces autres courses sont gratuites.

Le levage d’acquit.
Quand un ouvrier quitte sa boutique, le rouleur le ramène chez le maître d’où il sort, pour savoir s’ils n’ont rien à se réclamer ni l’un, ni l’autre.
Si un compagnon sort d’une société pour entrer dans une autre société, les compagnons qui l’accueillent, font  lever son acquit chez les compagnons qu’il quitte, pour savoir s’il n’a pas de dettes et s’il s’est bien comporté.
Quand un membre de la société quitte une ville, on lève son acquit chez la mère et auprès de la société.

Rapport des compagnons avec les maîtres.
Un maître ne peut occuper que les membres d’une seule Société. Il s’adresse au premier Compagnon qui, par l’intermédiaire du Rouleur, lui procure les ouvriers dont il a besoin. Si le maître n’est pas content d’un ouvrier, il s’en plaint au premier Compagnon. Si un ouvrier n’est pas content du maître, il s’en plaint également au premier Compagnon, qui va chercher à contenter tout le monde autant que possible.
 Si un maître est trop brutal et trop exigeant, envers les ouvriers, la Société qui le servait cesse de lui en donner ; il s’adresse alors à une autre Société; mais s’il ne corrige pas ses manières, il perd encore ses ouvriers.
Quand un maître cherche à diminuer toujours le salaire des ouvriers, les Sociétés  s’entendent, et mettent sa boutique en interdit pour un nombre d’années ou pour toujours , les compagnons disent alors :
2èmesurveillant :
« Il a  voulu retirer le pain aux ouvriers; cependant sans eux il ne pouvait pas vivre : il fut             un égoïste, un exploiteur sans miséricorde; nous l’avons abandonné à ses propres ressources, qui ont été insuffisantes. Avis à ceux qui voudraient l’imiter ! »

 Services et Secours.
Quand un Compagnon arrive dans une ville, on l’embauche. S’il n’a pas d’argent, il a du crédit; si des affaires pressantes exigeaient son départ, étant  dépourvu d’argent, la Société lui accorderait des secours de ville en ville, jusqu’à ce qu’il fût rendu à destination. Si un membre de la Société est mis en prison pour des faits non dégradants, on   lui apporte toute aide possible. S’il tombe malade, chacun va le voir à son tour et lui porte tout ce qui peut lui être utile. Dans certaines Sociétés on visite moins fréquemment le malade, mais on lui réserve dix sous par jour, dont le  montant lui est remis dès qu’il sort de l’hospice. Si un membre meurt, la Société lui rend le dernier service en l’accompagnant jusqu’à sa dernière demeure. Au bout d’un an, son souvenir est rappelé à la mémoire de ses frères. Si la Société d’une ville éprouve des malheurs et demande des secours, les Sociétés des autres villes la soulagent promptement et de toutes les manières.

Coteries et Pays.
Les tailleurs de pierre et les charpentiers, Gavots ou dévorants, s’appellent coterie ; tous les Compagnons  se donnent le titre de  « Pays ».

Surnom des Compagnons :
Les menuisiers et les serruriers du Devoir ne portent pas de surnom. Les tailleurs de pierre des deux Devoirs, font passer le surnom devant le nom de pays, s’appellent comme ceci :
2èmesurveillant 
« Les tailleurs de pierre des deux Devoirs, font passer le surnom devant le nom de pays : par exemple : La Rose de Bordeaux, Le Décidé de Toulon, etc. ; les chapeliers, les cloutiers, les cordiers, les tisserands s’appelleraient : La Rose le Bordelais, Le Décidé le Toulonnais ».
1er  surveillant : 
«  Les Compagnons de toutes les autres Sociétés tournent la chose différemment et s’appelleraient : Bordelais la Rose, Toulonnais le Décidé, etc ».
V:.M:.
« Les couvreurs seuls, Enfants des Bon-drilles, (Soubise), ont dû ajouter, pour se distinguer de leurs pères, un allongement à leurs surnoms; ils pourraient donc s’appeler : Bordelais la Rose dit le Beau Garçon, Toulonnais le Décidé dit le Courageux, etc…. ! »

Dans les temps où le Compagnonnage était persécuté, le surnom permettait d’échapper aux poursuites des autorités civiles et ecclésiastiques.

Origine des sobriquets.
En 1645 les compagnies sont persécutées à la fois par la maréchaussée et par l’Eglise, ainsi le Temple à Paris fût un temps leur dernier refuge,( cf. Angélique , marquise des anges)puisqu’en dehors de la juridiction civile et ecclésiastique, ce fut Louis XIII qui les en chassa, en rétablissant l’autorité de l’évêque sur ce quartier.
Par crainte des autorités, les cérémonies avaient lieu dans les profondeurs des bois. Il est probable aussi que tous les Compagnons hurlaient. Leurs hurlements étaient plus ou moins graves, plus ou moins aigus, selon les Sociétés ; de là sont venus sans doute ces sobriquets : Loups, Loups-Garous, Chiens etc.
D’autres prétendent  que le nom de Chien, attribué à tous les Compagnons du Devoir, vient de ce que ce fut un chien qui découvrit le lieu où gisait sous des gravats le cadavre d’Hiram, architecte du Temple, et que, d’après cela, tous les Compagnons qui se séparèrent de ceux qui avaient tué Hiram furent appelés de ce nom de Chien.
Sur le sobriquet Dévorant je dirai : le Devoir est un Code : c’est l’ensemble des lois et des règlements qui dirigent une société, ceux qui possédaient un Devoir furent nommés Dévoirants, puis Dévorants.
Sur le sobriquet Gavot : Quand les Compagnons du Devoir de Liberté, arrivant de la Judée, débarquèrent en Provence, ils se réunirent sur les hauteurs de la Sainte-Baume; de là, ils descendirent dans les vallées et dans les plaines pour se répandre ensuite dans les villes. Ceux qui les virent descendre de la montagne dirent : Ce sont des Gavots, et ce nom leur fut conservé. Il y a également l’explication plus prosaïque et très certainement plus juste celle des persécutions dont j’ai parlé à propos de ce sobriquet des enfants de Salomon.

Les « hurleurs » et les « non-hurleurs ».
Les tailleurs de pierre Compagnons étrangers, les menuisiers et les serruriers du Devoir de Liberté ne hurlent pas ; les tailleurs de pierre Compagnons passants, les menuisiers et les serruriers du Devoir ne hurlent pas non plus. Les Compagnons de tous les autres corps d’états hurlent, et ils appellent cela chanter,

Topage
Si deux Compagnons se rencontrent sur une route, ils se topent. Il est vrai que dans l’origine le Topage n’avait qu’un but louable ; des ouvriers ne voulant pas se rencontrer sans sympathiser ensemble, l’adoptèrent,  malheureusement le Topage est devenu la source de bien des conflits entre Devoirs rivaux.

Rubans ou couleurs.
Les couvreurs, les charpentiers et les tailleurs de pierre passants ont des rubans fleuris et variés en couleurs. Ils les portent au chapeau.Les couvreurs les font flotter derrière le dos ; les charpentiers les font tomber par devant l’épaule gauche ; les tailleurs de pierre aussi, mais un peu moins bas.
 D’après leur manière de voir, ceux qui travaillent au faîte des maisons doivent porter les couleurs au faîte des chapeaux.
Les tailleurs de pierre étrangers ont des rubans fleuris et de toutes couleurs qu’ils portent attachés au cou, tombant sur la poitrine. On remarque de l’or chez ceux qui occupent de hauts emplois.
Les menuisiers, les serruriers du Devoir de Liberté les portent bleus et blanc , attachés au côté gauche. Les chefs sont décorés de l’écharpe bleue ou blanche.
Les menuisiers, les serruriers du Devoir, et presque tous les autres Dévorants ont le rouge, le vert, le bleu, le blanc pour couleurs premières; puis, en voyageant, ils en cueillent d’autres. Ils les portent tous au côté gauche, et attachées à une boutonnière plus ou moins élevée. Outre les rubans, les teinturiers portent des ceintures écarlates. Les Compagnons qui portent les rubans au chapeau ou au cou en portent au côté aussi.
Arracher les couleurs à un Compagnon, c’est le plus grand outrage qu’on puisse lui faire.

Cannes
Tous les Compagnons portent des cannes : dans certaines Sociétés on les porte courtes; ce sont des cannes pacifiques; dans d’autres on les portes longues et garnies de fer et de cuivre ; ce sont alors des cannes guerrières, des instruments de bataille. Les jours de cérémonie on pare les cannes de rubans. Le Compagnon qui arrache la canne à un Compagnon ennemi a fait une grande prouesse; il s’en glorifie.
Il existe un véritable rituel de la canne.
Le rituel de la voute de canne : lorsque les compagnons du tour de France veulent honorer, ils se placent sur deux rangs, face à face, se saisissent de leur canne et forment une « voûte de cannes » sous laquelle passe la personne à honorer. C’est une façon d’exprimer qu’ils la placent sous la protection de leur canne, laquelle peut s’avérer un instrument de défense.
Autres emplois de la canne : la canne se tient toujours en main droite, et mettre la canne dans la main gauche, c’est accepter un service. Jeter l’embout en arrière, c’est défiance. La tenir dans la main droite, avec le cordon, c’est signe d’amitié. Mais tendre la main gauche, alors que la droite demeure posée sur la pomme, dans le cordon, c’est mépris envers celui qui est en face.
Par ailleurs, la porter l’embout en avant, le jour, c’est provocation mais la nuit, prévoyance.
Le fait de la tenir par la pomme, exprime la confiance envers l’autre.
Présenter la pomme en avant, c’est demander la paix.
Laisser traîner sa canne, c’est mépris.
Saluer avec la canne la pomme à la hauteur du front, c’est dévouement.
Lors de l’enterrement d’un compagnon, ses « pays » et « coteries » (frères) tiennent leur canne sous le bras, la main tenant le jonc, pommeau dirigé vers le sol.
Au repos, le compagnon s’appuie des deux paumes sur le pommeau.

Équerre et compas.
L’équerre et le compas sont les attributs de tout le Compagnonnage, les Sociétés font d’ailleurs dériver le mot de compagnons de compas .

Boucles d’oreilles.
Les charpentiers Drilles portent suspendus à l’une de leurs boucles d’oreilles une équerre et un compas,  les maréchaux portent un fer à cheval, les couvreurs un martelet , les boulangers la raclette. Chacun de ces états croit avoir seul le droit d’embellir ainsi ses boucles d’oreilles. Ce qui a engendré encore des  batailles.

Conduite en règle.
Quand un Compagnon aimé part d’une ville, on lui fait ,1a conduite en règle, c’est-à-dire que tous les membres de sa Société l’accompagnent avec un certain ordre. Le partant, et le Rouleur portant sur son épaule la canne et le paquet, de celui qui s’en va, marchent en tête. Tous les autres Compagnons, armés de cannes, parés de couleurs, chargés de verres et. De bouteilles pleines de vin, suivent sur deux rangs, et forment une longue colonne. Un des Compagnons entonne une chanson de départ , tous les autres, d’une voix forte, répètent le refrain. La conduite s’en va ainsi en chantant, au loin de la ville. Là, on hurle ou on ne hurle pas, mais dans tous les cas on boit, puis l’on s’embrasse et l’on se quitte ; le parlant s’éloigne, la conduite revient en ville.

Fausse conduite
Il arrive, quand il se fait une conduite en règle, que des Compagnons ennemis des premiers font une fausse conduite; ils improvisent un faux partant; ils se rangent en colonne, et vont au devant de la conduite qui revient; ils se rencontrent, ils se topent, ils se livrent bataille, et le sang coule toujours abondamment: il y a toujours des blessés et quelquefois des morts.

Conduite de Grenoble.
Cette conduite se fait, dans une Société, à un de ses membres qui a volé ou escroqué; c’est le châtiment qu’on lui inflige dans une chambre ou dans les champs.
Celui qui a reçu la conduite de Grenoble est flétri moralement, il ne peut plus se présenter devant la Société qui l’a chassé comme indigne d’elle.

Sort d’un voleur :
Au milieu d’une grande salle, peuplée de Compagnons, celui qui a fauté est à genoux ; tous les autres Compagnons boivent du vin à l’exécration des voleurs et des scélérats, le coupable boit de l’eau , et quand son estomac en est plein , on la lui jette au visage. Puis on brise le verre dans lequel il a bu, on brûle ses couleurs à ses yeux. Le Rouleur le fait relever, le prend par la main et le promène autour de la salle ; chaque membre de la Société lui donne un léger soufflet; enfin la porte est ouverte, il est renvoyé, et quand il sort, il a droit à un bon coup de pied au postérieur.

Fêtes patronales
Les tailleurs de pierre fêtent l’Ascension, les charpentiers saint Joseph, les menuisiers sainte Anne, les serruriers saint Pierre, les tanneurs saint Simon, les teinturiers saint Maurice, les blanchers (tanneur de vieille peau) saint Jean, les maréchaux Saint-Eloi d’été, les forgerons saint Eloi d’hiver, les cordonniers saint Crépin, les boulangers saint-Honoré etc.
Le matin du jour de la fête, les Compagnons vont à la messe; de retour chez la mère, on élit le nouveau chef, puis après il y a le festi.

 Enterrements
. Soit qu’un Compagnon meure dans une maison privée ou dans un hospice, sa Société se charge presque toujours de son enterrement, et de tous les frais qu’il peut occasionner.
Le défunt est porté dans un corbillard, ou par quatre ou six Compagnons qu’on relève de temps en temps. Le cercueil est paré de cannes en croix, d’une équerre et d’un compas entrelacés, et des couleurs de la Société.
Chaque Compagnon a un crêpe noir attaché au bras gauche, un autre à sa canne, et de plus, quand les autorités le permettent, il se décore des couleurs, insigne de son Compagnonnage. Les Compagnons sont placés sur deux rangs  et vont ainsi à l’église, puis au cimetière.
Arrivés à ce dernier lieu, ils déposent le cercueil sur le bord de la fosse,  ils l’entourent par le cercle vivant qu’ils forment.
L’un d’eux prend la parole, rappelle à haute voix les qualités, les vertus, les talents de celui qui a cessé de vivre, et tout ce qu’on a fait pour le conserver à la vie. Il pose enfin un genou à terre, tous ses frères l’imitent, et adresse à l’Etre suprême une courte prière en faveur du Compagnon qui n’est plus.
Après le prononcé de cette prière , on descend le cercueil dans la fossé, et l’on place aussitôt, près de la tombe, sur le terrain le plus uni, deux cannes en croix ; deux Compagnons, en cet endroit, près l’un de l’autre, le côté gauche en avant, se fixent, font demi-tour sur lé pied gauche, portent le droit en avant, de sorte que les quatre pieds puissent occuper  les quatre angles formés par le croisement des cannes; ils se donnent la main droite, se parlent à l’oreille et s’embrassent. Chacun passe, tour à tour, par cette accolade , pour aller de là prier à genoux sur le bord de la fosse, puis jeter trois pelletées de terre sur le cercueil. Quand la fosse est comblée, les Compagnons se retirent en bon ordre.
Dans d’autres Sociétés, on remplace le discours par des cris lamentables. Quand on a descendu le cercueil dans la fosse, un Compagnon descend se placer à son côté; on pose aussitôt, à fleur de terre, un drap qui dérobe à tous les yeux le vivant et le mort; des lamentations partent de dessous terre, lamentations auxquelles les Compagnons qui entourent la tombe répondent par d’autres lamentations.  
Il est rare que les Compagnons fassent un enterrement sans aller, en sortant du cimetière, choquer le verre ensemble. Les enfants de Salomon   appellent cela la Guillebrette, d’autres l’appellent l’accolade.

Remerciements.
Dans beaucoup de Devoirs, quand un Compagnon a fini son tour de France et qu’il veut se fixer dans un lieu quelconque, il remercie sa Société, c’est-à-dire qu’il s’en retire muni d’un certificat qui lui a été délivré dans une grande réunion, par ses confrères.
Ce certificat attestant la moralité et la conduite sage de celui qui l’obtient : ce certificat est une sorte de congé. Celui qui a remercié n’appartient plus à la Société active, il n’y doit plus rien, il est indépendant.
Il est des Sociétés où l’on ne remercie jamais; celle des Compagnons étrangers tailleurs de pierre est de ce nombre.

Pèlerinage à la Sainte-Baume.
La plupart des  Compagnons qui finissent leur tour de France par un pèlerinage à la grotte de là Sainte-Baume. Ils en revenaient munis d’images symboliques et de rubans ou couleurs embellis de dessins mystérieux. Tout ce qui venait de là était réputé, sur le tour de France, comme chose sacrée.

Evénements.
– En 1834, à Marseille , un Compagnon étranger tailleur de pierre, nommé Monleseaut, et par les siens la Prudence de Marmande, fut  assassiné par un sergent de ville. Les Compagnons des différents Devoirs  se rapprochèrent, et accompagnèrent en bon ordre le défunt jusqu’à la tombe. Ce fut un jour d’union.
– En 1838, à Auxerre, plusieurs Compagnons furent écrasés sous la chute d’un corps pesant; les Sociétés firent encore cause commune pour s’acquitter du dernier devoir.

Concours.
Quand une Société est établie dans une ville, elle veut en exploiter toute seule les travaux. Si une autre Société vient s’y établir, des querelles éclatent. Il arrive qu’après s’être battues violemment, les Sociétés se défient au travail; alors chacune d’elles réunit ses meilleurs ouvriers et produit un chef-d’œuvre; cela fait, on assemble des experts  de l’architecture et du trait, et on leur soumet les chefs-d’œuvre rivaux qui sont comparés et jugés… Les Compagnons vainqueurs obtiennent une grande gloire, les Compagnons vaincus  doivent quitter la ville ou donner aux vainqueurs une somme d’argent, cela dépend des conditions du concours.
A la fin du XIIème siècle, Les Compagnons étrangers tailleurs de pierre et les Compagnons passants du même état jouèrent la ville de Lyon : les derniers, perdirent, et, se soumettant au mauvais sort, quittèrent la ville lyonnaise. Cent ans plus tard , les temps d’exil étant expirés, ils essayèrent de retourner dans une ville redevenue libre, et d’ y travailler de nouveau ; mais leurs rivaux ne l’entendirent pas ainsi : quoique très nombreux, les passants furent repoussés; ils s’établirent alors sur Tournus ; les étrangers voulurent encore les repousser; on se battit, il y eut des blessés, il y eut des morts, et les autorités elles-mêmes ne furent point respectées. A la suite de cette bataille, plusieurs Compagnons furent mis en prison, d’autres aux galères.
En 1808, les serruriers des deux partis eurent, à Marseille, un concours entre eux. Les Dévorants avaient choisi leur Héros, un Dauphinois, les Gavots prirent un Lyonnais. Les deux concurrents rivaux furent renfermés chacun clans une chambre : les Gavots   le Dévorant, les Dévorants gardaient  le Gavot. On ne faisait passer aux deux  que les aliments et les matériaux nécessaires à  leur chef d’oeuvre . Après plusieurs mois de claustration, les concurrents furent libérés et leurs travaux présentés aux juges. Le Dauphinois avait achevé sa serrure très belle, et la clef , plus belle encore .
L’autre avait passé tout son temps à faire des outils qui étaient, certes des petits chefs-d’œuvre, mais sa serrure n’était pas commencée; sa Société perdit donc avec lui. Le Lyonnais fut accusé  de s’être vendu, de les avoir trahis. Il partit de Marseille, et depuis on ne l’a plus revu.

Batailles et assassinats
Les Compagnons, malheureusement, se battent.
– Vers l’année 1730 il y eut dans la plaine de La Crau, entre Arles et Salon, un gros affrontement: les Compagnons de Salomon d’une part, et ceux de Jacques et de Soubise de l’autre, s’étant provoqués, se donnèrent rendez- vous . Il en vint de Marseille, d’Avignon, de Montpellier, de Nîmes; ils étaient armés de compas, de bâtons et d’armes à feu; la mêlée fut  terrible, le sang coula à flots, et grand nombre de cadavres restèrent sur place.   
– En 1816, une affaire très sérieuse eut lieu dans le Languedoc, à côté de Vergèze , un rendez-vous fut assigné, chaque parti, appela ses alliés. Le combat s’engagea, il dura longtemps.
Un certain : «  Sans-façon de Grenoble », Compagnon étranger, sorti depuis peu de la garde impériale, était armé d’une fourche  et en menaçait, parmi les siens, quiconque faisait mine de reculer. Ce jour fut le dernier de beaucoup de Compagnons; voici un couplet chanson qui se rapporte à cette affaire :
1erSurveillant
Entre Mus et Vergèze,
A coup de cannes et de compas
Nous détruirons ces scélérats ;
Pas de charge en avant,
Repoussons tous ces brigands,
Ces gueux de Dévorants
Qui n’ont pas de bon sang.

– En 1823, à Bordeaux, un Compagnon serrurier, né dans le Bugey, reçut la nuit, en se retirant pour aller se coucher, le coup de la mort :
2èmesurveillant
En mil huit cent vingt-cinq,
Un dimanche à Bordeaux,
Nous fîmes des boudins
Du sang de ces Gavots.

– En 1827, à Blois, les Drilles allèrent assiéger les Gavots chez leur mère : deux charpentiers furent tués.
– En 1833, à Marseille, un Compagnon de Liberté fut tué par un Compagnon passant.
– Fin 1836, à Lyon, un Compagnon charpentier de Soubise tua un Compagnon tanneur de maître Jacques.
– En 1837, à Lyon, un forgeron de maître Jacques tua un charron du même fondateur.
– En 1840, à Usez, un cordonnier, enfant de maître Jacques, a donné la mort à un charpentier du père Soubise.
– Le 15 avril 1841, à Grenoble, plusieurs boulangers de La Société de l’Union, dit les Sociétaires, ont frappé de cinq coups de couteau sur la tète un de leurs confrères eu métier, mais appartenant à une autre Société que la leur.

Chansons de compagnons :
1ersurveillant
Gavot abominable,
Mille fois détestable,
Les Gavots infâmes
Iront dans les enfers
2èmesurveillant
Dans la ville d’Orléans
Quantité des imbéciles
Que l’on nomme Dévorants, (bis. )
Peut-on être Compagnon,
Être vertueux et sage,
Sans être de Salomon ? (bis.)
1ersurveillant
Chers Compagnons honnêtes, il faut nous rassembler :
C’est pour chasser ces bêles qui sont dans Montpellier.
Commençons de suite par tous ces Gavots,
Car ils sont sans doute de vrais animaux, (bis.) …………
2èmesurveillant
Chers Compagnons de Liberté,
Formons une marche guerrière.
Nous serons triomphants……. !

 Le compagnonnage aujourd’hui 

En 1830 se crée une dissidence au sein des compagnons du Devoir.
Les aspirants serruriers de Toulon estiment que leur société ne répond pas ou plus à leur désir de « parvenir à l’Unité Corporative pour que le principe de la Mutualité se réalise d’une manière féconde » ; ils fondent la Société de l’Union des Travailleurs du Tour de France
Les tentatives répétées depuis 1848 de réconciliation et d’union des différents devoirs ont tourné court. La crispation sectaire sur les rites anciens est le fait d’un compagnonnage réduit à l’état de survivance par l’industrialisation qui a fait naître de nouvelles structures ouvrières : les syndicats.
Au début du XXe siècle, trois mouvements compagnonniques subsistent : les Compagnons du Devoir, les Compagnons du Devoir de Liberté et l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis. Une tentative de regroupement et d’adaptation de ces trois mouvements va être tentée durant les années 20 et 30 sans pourtant aboutir.
La relance éphémère en 1941 imprimée par le régime de Vichy et la Charte du même nom le 1er mai au nom d’un certain corporatisme cher à la « Révolution nationale » n’a été qu’une parenthèse malgré l’intervention du compagnon tailleur de Pierre « Jean Bernard dit « la fidélité d’Argenteuil » qui n’acceptant pas la mise à l’écart du mouvement compagnonnique parvient à convaincre le maréchal Pétain après sa décision de suppression de toutes les sociétés « secrètes ». L’effort de dialogue entrepris entre les deux guerres et le groupement des corps de métier du compagnonnage du Devoir vont marquer une étape importante dans l’évolution du compagnonnage français par la suite.
Les trois associations qui subsistent aujourd’hui avec l’Union Compagnonnique des Compagnons du tour de France des Devoirs unis et la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment ne regroupent qu’une petite élite dans quelques métiers artisanaux mais celle-ci garde la mémoire d’un mouvement qui porta haut la fierté ouvrière et l’éthique de la «belle ouvrage».
De nos jours encore, quelques centaines de compagnons (ébénistes, orfèvres…) accomplissent un tour de France au cours duquel ils apprennent à perfectionner leur art. Dans les années 1840, ils étaient plusieurs centaines de milliers.
Le XIXe siècle assista surtout à la naissance du compagnonnage « romantique » alors que les compagnons se faisaient écrivains ; au XXe siècle ils acceptèrent d’être syndiqués ; vers 1945-1946 ils se dotèrent enfin de structures fermes.

Le compagnonnage contemporain n’est plus que la survivance d’un grand mouvement d’association ouvrière qui s’est développé dans les métiers artisanaux à l’époque de la Renaissance et qui a été étouffé à la fin du XIXe siècle par l’essor de l’industrie. Il reste cependant aujourd’hui une institution de formation reconnue dans le monde artisanal et dans le monde du bâtiment.
Partout nous pouvons admirer les travail des compagnons d’aujourd’hui : de la tour Eiffel, dont les travaux ont été conduits par un compagnon, à la restauration de l’Arc de triomphe ou de l’Assemblée Nationale, du Musée d’Orsay à l’archange du Mont Saint-Michel, de la réfection de la toiture de la gare St-Charles à Marseille, des soubassements de la pyramide du Louvre au métro de Caracas, du tunnel sous la Manche jusqu’à la restauration de la flamme de la statue de la Liberté…
Les métiers représentés restent nombreux que ce soit dans le bâtiment (maçons, couvreurs, charpentiers…), l’industrie (chaudronniers, mécaniciens, serruriers…), les métiers de bouche (pâtissiers, boulangers) et les jeunes ouvriers continuent à se perfectionner au travers d’un tour de France qui tend à s’étendre de plus en plus vers l’étranger. Il se crée en effet régulièrement de nouvelles étapes, notamment en Belgique (Bruxelles), en Allemagne, en Ecosse mais aussi au Canada (Montréal) et même à la Réunion. Les jeunes aspirants sont accueillis dans des « maisons de compagnons » et travaillent dans les entreprises locales tout en suivant des cours donnés par des compagnons. On parle parait-il d’accueillir bientôt des jeunes filles dans le compagnonnage, il s’agira alors d’un grand changement au sein des sociétés compagnonniques.

Moi Agricol Perdiguier, il y a bien longtemps que je suis passé à l’Orient éternel, mais je serai heureux si vous avez appris un peu à mieux nous connaitre, nous qui avons usés nos chaussures sur le trimard*, afin que ce qui sort de nos mains, rende gloire à L’Eternel.


*Trimard :
Route, chemin. Grand trimard; partir sur le trimard.  
Battre le trimard. Un trimardeur de vingt-cinq ans, brûlé du soleil, passait à pas lents (…).Vous m’embauchez pas? (…)   

Pour prolonger votre plaisir :

Les enfants de Salomon

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