La Chaîne d’Union.

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Cet acte symbolique qui précède la fermeture des travaux au rite français (entre autres), est un des plus émouvant du rituel.
Bien qu’exécutée à chaque tenue, les Sœurs et les Frères se posent toujours la question, et la posent au Vénérable Maître :

« Doit-on faire une Chaîne longue ou une Chaîne courte ? »

La Chaîne longue est celle où on se tient les bras écartés du corps tenant dans chaque main celle du voisin. Parfois cette Chaîne a été caricaturée sous le nom de Chaîne des scouts, et comme dans certaines Loges on chante à la fin le « chant des adieux », la confusion est compréhensible. Il est à noter que si le scoutisme a quelque part une symbolique voisine de la symbolique franc-maçonne, et j’en veux pour preuve la méfiance vaticane à son égard, Baden-Powell, lui, n’a jamais été franc-maçon bien qu’on lui ait souvent prêté cette qualité

Quoi qu’il en soit cette Chaîne est rarement utilisée au cours de nos cérémonies, sauf lorsque les colonnes sont abondamment remplies, et ce pour des raisons de commodité (nous verrons par la suite que des rituels plus récents prescrivent une autre façon de faire).
Cette chaîne fait penser, un peu, aux rondes enfantines dans la cour des écoles maternelles.

La Chaîne courte est la plus utilisée, c’est celle dans laquelle nos bras sont entrecroisés, bras droit au-dessus du bras gauche.
Il ne faudrait pas penser que cette chaîne est réservée à un seul usage maçonnique, elle est employée à l’extérieur des Temples pour des raisons les plus diverses et par des personnes qui ne sont pas toutes vêtues « de lin blanc et de probité candide ! »

On donne parfois comme justification à l’utilisation de la Chaîne courte qu’elle doit être utilisée obligatoirement pour la transmission d’un secret : généralement un mot de passe, un mot de semestre, cela a d’ailleurs été sa première fonction en Loge (Cf. Rituel Amiable).

Si nos mains se rapprochent en même temps que nos cœurs, que ce soit dans la Chaîne longue ou dans la Chaîne courte, à aucun moment et nulle part, à ma connaissance, il n’est indiqué que nos pieds doivent se rapprocher de la même façon. Les adeptes du pied à pied invoquent une sorte de circulation d’un fluide « magnétique égrégorien » ; ce que l’on remarque surtout, c’est le côté risible de cette sorte de marche en canard exécutée par les Sœurs et les Frères pour arriver à faire toucher mutuellement le bout de leurs pieds.

On peut se demander, avec raison, de quelle époque date l’utilisation en loge de la Chaîne d’Union.

En effet si l’on regarde des textes de 1785 (date de la première codification du Rit par la commission Montaleau), ou ceux du régulateur du maçon de 1801 (les authentiques, non les textes des versions commerciales) nous n’en trouvons pas trace.
La Chaîne d’Union apparaît officiellement et pour la première fois dans les rituels du rite français du Grand Orient de 1887, celui que l’on appelle le rituel Amiable. L’usage de cette Chaîne d’Union est limité à la communication des mots de semestre, ainsi qu’en témoigne la copie du rituel de 1887 ci-dessous :

« COMMUNICATION DES MOTS DE SEMESTRE.
Ayant reçu du Grand Orient la circulaire à laquelle est attaché le pli secret contenant les mots de semestre le VM:. en a porté la communication à l’ordre du Jour de la plus prochaine tenue, pour la fin de la séance.
Le VÉN :. debout frappe un coup  —•— et dit :
Mes FF :. l’ordre du jour appelle la communication des mots de semestre. Voici la circulaire du Grand Orient à laquelle est attaché le pli secret qui les renferme.
Il montre la circulaire et le pli, il détache le pli, puis, tendant la circulaire au F:. Orateur qui vient la prendre, il dit :

F:. Orat:. veuillez donner lecture de la circulaire du Grand Orient et vous tous, mes FF:., veuillez y prêter attention.
La lecture achevée, s’il a des visiteurs dans le temple, le Vén:. les invite à se grouper à l’Orient. Puis, il se met debout, défait le pli, prend connaissance des mots et fixe le papier à la pointe de son glaive.

Le Vén:. frappe un coup —•— et dit :
J’invite les membres actifs et honoraires de l’atelier, ici présent, à se grouper au milieu du temple pour former la Chaîne d’Union.
La Chaîne d’Union se forme en ovale, autour d’un flambeau allumé, près duquel est posé le glaive du Vén:. ayant à la pointe le papier contenant les mots. Le Vén:. est à l’extrémité de l’Orient, ayant l’Orat:. à sa gauche, le Secrét:. à sa droite. Le Grand Exp:. lui fait face à l’autre extrémité, entre les deux surveillants. Pour former la Chaîne, chacun croise les bras devant sa poitrine et unit sa main droite à la main gauche de son voisin de gauche, sa main gauche à la main droite de son voisin de droite.
Le Vé :. rompt la Chaîne, la fait rompre au F:. Orat:., il lui frappe les trois coups symboliques sur l’épaule gauche et les reçoit de lui pareillement, échange avec lui l’accolade fraternelle, lui donne les mots à voix basse par l’une et l’autre oreille. Il en fait autant pour le Secrét:. L’Orat:. et le Secrét:. transmettent semblablement les mots à leurs voisins de gauche et de droite et ainsi de suite la Chaîne se reforme au fur et à mesure que les mots sont transmis.
Quand l’Exp:. les a reçus des deux surveillants, il les rapporte au Vén:. qui fait rectifier s’il y a lieu.
Cela fait, le VÉN:.
Les mots sont revenus justes et parfaits.
Mes FF:., rompons la Chaîne, sous la foi d’une discrétion absolue.
Avant de reprendre place, le Vé :. prend son glaive et brûle le papier des mots, à la flamme du flambeau. »

Remarquons que la Chaîne d’Union est une Chaîne courte

La Chaîne d’Union sera véritablement institutionnalisée, en tant que telle, dans le rituel dit Groussier (1938). Une part importante y est consacrée comme en témoigne le texte ci-dessous.
Deux types de Chaînes d’Union y sont décrites.

« A- Chaîne d’Union habituelle
Le Vén :

Rien n’étant plus à l’Ordre du jour, nous allons former la Chaîne d’Union.
Debout, mes Frères, et unissons nos mains suivant la forme rituelle.
Le Vénérable Maître frappe un coup de maillet, la Chaîne d’Union se forme en ovale au milieu du Temple, mais si l’assistance le permet, la Chaîne d’Union se forme sur place avec le minimum de déplacements.
Dans le premier cas, le Vénérable Maître peut se placer devant son plateau avec l’Orateur à sa gauche et le Secrétaire à sa droite ; en face de lui, près des colonnes, le Grand Expert se place entre les deux Surveillants ; tous les autres Frères se rangent des deux côtés entre l’Orateur, le Secrétaire et les deux Surveillants.
Dans le deuxième cas, l’assistance étant suffisamment nombreuse, les cinq Lumières restent à leur place, les Frères qui siègent à l’Orient se rangent des deux côtés du Vénérable Maître, entre lui et l’Orateur ou le Secrétaire. La Chaîne d’Union se forme avec les Frères qui garnissent le premier rang de chaque colonne: la colonne du Midi qui unit le Premier Surveillant au Trésorier et à l’Orateur, la colonne du Nord qui unit le Second Surveillant à l’Hospitalier et au Secrétaire ; entre les Surveillants, se placent le Grand Expert, le Couvreur et les Maîtres des Cérémonies ; s’il y a lieu, des Frères se détachent des derniers rangs pour s’intercaler soit à l’Orient, soit à l’Occident, afin que la Chaîne formée par le rang intérieur soit parfaite.
Pour unir les chaînons, chacun des Frères qui composent la Chaîne croise les bras devant sa poitrine et, de sa main droite, prend la main gauche de celui qui est placé à sa gauche.
Si la distance qui peut exister entre certains des Frères constituant la Chaîne ne permet pas de croiser les bras, ces Frères peuvent se contenter d’étendre les bras et de prendre, de leur main droite, la main gauche de celui qui est à leur droite et, de leur main gauche, la main droite de celui qui est à leur gauche.
Si des Frères restent placés en arrière du premier rang des colonnes ou de l’Orient, ils doivent former entre eux des portions de Chaînes et les Frères placés à chaque extrémité de ces Chaînes secondaires doivent se rattacher à la Chaîne principale en portant leur main libre sur des mains unies du rang qui est devant eux ou, en cas d’impossibilité, sur l’épaule d’un des Frères participant à la Chaîne.
Tous les Frères présents doivent avoir les deux mains rattachées à la Chaîne ; si le Vénérable Maître conservait son maillet de la main droite ou tenait entre ses mains le rituel ou un morceau d’architecture, les Frères placés à ses côtés poseraient chacun leur main libre sur l’une de ses épaules.

La Chaîne d’Union étant ainsi formée :
Le Vénérable Maître dit :
« Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains ; que l’Amour fraternel unisse tous les anneaux de cette Chaîne formée librement par nous.
Comprenons la grandeur et la beauté de ce symbole ; inspirons-nous de son sens profond.
Cette Chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace ; elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos Maîtres vénérés qui la formaient hier ; par elle, doivent s’unir les Francs-Maçons de tous les rites, de tous les pays. Enrichissons-la de nombreux et solides anneaux de pur métal et, élevant nos esprits vers l’idéal de notre Ordre, efforçons-nous de rapprocher tous les hommes par la Fraternité.
Francs-Maçons, étendons la main droite. Promettons de conserver les uns pour les autres la plus fraternelle affection et de travailler sans relâche à réaliser la Fraternité universelle. »
Le Grand Expert étend la main droite vers l’Orient :
Au nom des Frères assemblés dans ce Temple, je le promets.
Le Vénérable Maître :
Je prends acte de votre promesse. Reprenez vos places, mes Frères.

B – Chaîne d’Union avec communication des Mots de semestre
Le rituel de cette Chaîne d’Union est une copie du rituel Amiable »

Aujourd’hui, comme toutes et chacun peuvent le constater la pratique de la Chaîne d’Union est d’un usage constant.

Demandons-nous maintenant d’où provient ce rite de la Chaîne d’Union.

Car bien qu’ayant un passé relativement récent lors des tenues, il est établi que sa pratique est bien plus ancienne.
Ce rite a été largement utilisé lors de la clôture des travaux de banquet. Il est judicieux de remarquer que dans les premiers âges de la franc-maçonnerie aussi bien française qu’anglaise, il n’y avait pas de salle consacrée exclusivement à un usage maçonnique. C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que nos aînés se réunissaient dans des salles d’auberge ou autre, sans que ces locaux soient réellement réservés à une loge ou une autre.

Ce n’est qu’en 1771 que Montmorency-Luxembourg, lors de la réorganisation générale de la Franc-Maçonnerie française (qui allait conduire à la création du Grand Orient de France), imposa l’obligation d’avoir des locaux particuliers pour l’exercice des rituels maçonniques.
La plupart du temps, auparavant, les réunions se tenaient directement à proximité de la table des banquets, et l’initiation des nouveaux Frères pouvait même se faire en bout de table, comme le représente cette gravure de 1797. (Remarquons cependant qu’il y a quelques erreurs dans la position des lumières positionnées selon un Rit des Anciens, avec des colonnettes debout toutes les deux, alors que celle correspondant au 1ersurveillant devrait être couchée).

Les rituels sont très avares de description, et nous ne saurions pas grand-chose s’il n’y avait eu les célèbres divulgations du XVIIIème siècle. La pratique de la Chaîne d’Union y est clairement exposée.
Si les rituels en notre possession sont relativement sommaires quant à la description des décors, des gestes et des pratiques, le culte du secret et aussi le coût des copies réduisaient les Rituels à l’essentiel ; tout ce qui allait de soi n’était pas transcrit, ce qui est fort regrettable.
Les divulgations, elles, en sont abondamment dotées. Par leur vocation même,  elles ne sont pas tenues au secret , puisque leur objet est de le dévoiler. La richesse et la vraisemblance de leur descriptions leur assuraient une large diffusion et ce sont elles qui nous font un peu mieux comprendre comment se déroulait une tenue au siècle des lumières.

Assez curieusement, même si l’on peut considérer que la divulgation Prichard est la plus proche de la réalité des rites de l’époque, il n’y est pas question de Chaîne d’Union, ni de faire la Chaîne tout simplement. Celles qui sont les plus disertes sur le sujet sont la divulgation de l’Abbé Pérau écrite en 1744-48, et celle de Louis Travenol (dans la troisième édition de 1748).

Voyons ce qu’écrit l’Abbé Pérau :

« Lorsque l’on chante la dernière chanson, les domestiques, que l’on appelle Frères servant, et qui sont aussi de l’ordre, viennent à la table des maîtres, ils apportent avec eux leurs canons chargés. Ils les posent sur la table des maîtres, et se déplacent parmi eux. Tout le monde est debout alors, et on fait la Chaîne, c’est-à-dire que chacun se tient par la main, mais d’une façon assez singulière. On a les bras croisés et entrecroisés de manière que celui qui est à droite, tient la main gauche de son voisin ; et par la même raison celui qui est à gauche, tient la main droite : voilà ce qui forme la Chaîne autour de la  able ; c’est alors que l’on chante le chant des apprentis :
« Frères et compagnons
de la maçonnerie,
sans chagrin jouissons
des plaisirs de la vie………… 
»

La divulgation Travenol est encore plus détaillée :

« En dernier lieu ils boivent, avec tous les honneurs de la maçonnerie, et chantent en chorus l’admirable chanson qui suit, intitulée la chanson des apprentis. Je ne sais ce qu’ils disent pour leur bénédicité, mais voilà un échantillon de leur action de grâces.
« Frères et compagnons
de la maçonnerie,
sans chagrin jouissons
des plaisirs de la vie…. »

Cet hymne exige de se prendre tous par la main, et de former une chaîne en croisant les bras, de manière qu’ils donnent la main droite à celui qu’ils ont à leur gauche, et la gauche à celui qu’ils ont à leur droite, et sans se quitter ils lèvent les bras par trois fois à quelques endroits de la chanson, aussi haut qu’il est possible de le faire en pareille situation. Cette espèce de chaîne est, disent-ils, le symbole de l’union qui règne parmi eux. Ce couplet fini, ils se quittent les mains, pour boire comme ils ont fait auparavant, puis ils se les reprennent, continuent de chanter les autres couplets, et au dernier, que voici, ils boivent encore de la même façon, pour la dernière fois.
« Joignons nous mains en mains,
tenons-nous fermes ensemble,
rendons grâce au destin,
du nœud qui nous assemble….. »

Comme nous le voyons cette chaîne d’union est liée à la consommation de boisson ( pas forcément du vin, car il est bien précisé dans les rituels que l’on ne doit forcer un F :. à en boire s’il ne le désire pas)
Souvent à cette dernière pantomime ils admettent avec eux les Frères servant, c’est-à-dire les laquais ou les garçons de cabaret. »

Le terme de pantomime indique suffisemment le mépris de Louis Travenol pour la Maçonnerie.

Dans la version de 1785 (Codification du Rit par la commission Montaleau), la Chaîne d’Union est d’un autre ordre. Elle n’est pas présente à la clôture des travaux, mais plutôt dans les travaux de table où l’on exécute une sorte de « Chaîne des serviettes ». Comme il est écrit dans le rituel de 1785, la circulation du baiser fraternel constitue le symbole de l’Union.

Dans le régulateur de 1801 – version commerciale des Éditions Castelli– la Chaîne d’Union est bien présente et décrite en clôture de tenue juste après les conclusions du Frère orateur. La description de cette façon de procéder est trop proche de celle du rituel Amiable (1887), pour qu’il soit aisé de lui accorder du crédit, d’autant plus que le régulateur « officiel »(suivant les ordonnances de 1793) déposé au Grand Orient, n’en parle pas : il n’y a pas d’évocation d’une Chaîne d’Union en fin de tenue, ni pendant le rituel de banquet ; seules sont présentes, comme en 1785, la « Chaîne de serviettes », et en clôture la circulation du baiser fraternel.

Il est cependant intéressant de connaître cette version Castelli, dont je cite un extrait ci -dessous :

« Le Vénérable Maître descend de l’Orient et se place entre l’autel et le tableau mystérieux. Dans ce même temps tous les Frères viennent se ranger autour du tableau dans l’ordre qu’ils occupent colonnes ou Orient. Les Frères dégantés, le Vénérable Maître tête nue, forment une Chaîne les bras croisés droits sur gauche, les pieds en équerre.
Après un moment de recueillement le Vénérable Maître pourra dire quelques mots de circonstance, faire observer un autre moment de recueillement. Au signal du Vénérable Maître les Frères balancent par trois fois leurs bras croisés et regagnent leur place en silence.
Le Vénérable Maître se recouvre, les Frères se tiennent debout et à l’ordre.
Pour honorer la mémoire d’un frère récemment passé à l’Orient éternel le Vénérable Maîtres fera l’évocation de sa mémoire pendant la Chaîne d’Union indépendamment de la pompe funèbre qui pourrait être célébrée par ailleurs. »

Ceci est assez comparable à ce qui se passe de nos jours, à l’exception du texte lu par le Vénérable Maître, qui est prescrit par l’obédience.

Le REAA quant-à lui est beaucoup plus clair, puisque sur le rituel de 1804 il est écrit en fermeture des travaux :

Le Vénérable Maître dit :
« Mes frères, il ne nous reste plus, suivant l’usage ancien, que d’enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré (il porte la main droite à son cœur), et de nous unir en fraternité (il s’avance devant son plateau, ou si cela est nécessaire devant le pavé mosaïque) ; formons la Chaîne d’Union. »
Et il lit le texte suivant :
« Réjouissons-nous, mes Frères, du travail loyalement accompli. Efforçons-nous, chaque jour, de le mener vers la perfection.
Fortifions dans nos cœurs l’amour de la vérité et le sentiment de nos devoirs.
Que nos assemblées soient de plus en plus affermies dans l’Union et la volonté d’être utiles à nos semblables.
Qu’elles soient à jamais le séjour de la paix et de la vertu, et que la Chaîne d’Union soit désormais si forte entre nous que rien ne vienne jamais l’ébranler. »

Après la période napoléonienne, le Rite Français allait progressivement être supplanté par le Rite Écossais Anciens et Acceptés.
Dès 1815, avec le rituel de Charles des Etangs, les Hauts-Grades du Rite Français vont être remplacés par quatre grades du REAA.
Le rituel Murat n’arrangera rien et les deux rites vont avoir tendances à se ressembler de plus en plus, en témoigne cet extrait :

Beaucoup de gestes et de paroles vont être empruntés au REAA pour faire ce qu’est aujourd’hui  le Rite Français. Les différences entre les deux Rites sont quasiment estompées dans le Rituel Amiable (1887) ; seule la place des surveillants est changée :

« – Au rite français, les deux Surv :. sont placés près des colonnes, le 1er devant celle du Midi, le 2ème devant celle du Nord, l’un et l’autre faisant face à l’Orient.
– Au rite écossais, le Ier Surv :. est placé devant la colonne du Nord, faisant face à l’Orient ; le 2ème Surv :. est placé en avant de celle du Midi, vers le milieu de la distance entre l’entrée et l’Orient, faisant face au Nord. ».

La Chaîne d’Union est bien un élément essentiel de la Maçonnerie contemporaine, c’est un moment quasi opératif. Tous les SS:. et FF:. présents agissent en même temps, quels que soient leurs grades ou leurs charges, pour symboliser le but de notre travail en Loge – constituer une chaîne solide entre nous. Cette chaîne sera d’autant plus solide que nos bras seront entrecroisés, tels qu’ils l’étaient dans les temps anciens, ce qui nous fait rejoindre la conception de nos prédécesseurs – rappelons-nous les termes des Constitutions d’Anderson :

« Les maçons s’unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances, dans le lien solide et agréable de l’Amour fraternel ; on leur apprend à voir les erreurs de l’humanité avec compassion, et à s’efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute supériorité de la foi particulière qu’ils professent.
Ainsi la maçonnerie est le centre d’union entre les hommes de bien loyaux, et l’heureux moyen de nouer l’amitié entre ce qui autrement n’aurait pu que rester perpétuellement étrangers. »

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